Le rêve s’est brisé à Rabat. Devant son public, le Maroc a laissé filer la CAN 2025 au terme d’une finale étouffante face au Sénégal, décidée en prolongation.
Après le coup de sifflet final, Walid Regragui n’a pas fui ses responsabilités. Lucide, parfois amer, le sélectionneur des Lions de l’Atlas a mis des mots sur une défaite qui laissera des traces.
Un manque de justesse au moment de faire la différence
Dans une finale longtemps indécise, le Maroc a eu ses temps forts mais n’a jamais réussi à faire sauter le verrou sénégalais. Pour Regragui, l’explication est claire : son équipe a payé les efforts accumulés lors du tour précédent.
« On a manqué de justesse technique. Avec le match contre le Nigéria, certains joueurs ont manqué de justesse dans le dernier geste, dans la dernière passe. Le football peut être magnifique comme il peut être cruel. »
Le sélectionneur pointe une fatigue à la fois physique et mentale. Dans les zones décisives, là où une finale se gagne, les Lions de l’Atlas n’ont pas été aussi tranchants qu’espéré.
Une finale équilibrée et un destin cruel
Regragui n’a jamais nié la qualité de l’adversaire. Face à un Sénégal solide, discipliné et dangereux en transition, le Maroc a dû composer, s’adapter, parfois subir.
« On a bien bossé. On était bien en place. À un moment donné, ils avaient le ballon, après on l’a eu aussi. On savait qu’en transition, ils pouvaient faire très mal. »
Le tournant du match restera ce penalty obtenu dans les dernières secondes du temps réglementaire. Une occasion en or pour offrir au Maroc un titre attendu depuis un demi-siècle. L’échec a tout changé.
🇸🇳😬 Walid Regragui cartonne Pape Thiaw
L’image qu’on a donné de l’Afrique, c’est honteux. 𝗨𝗡 𝗖𝗢𝗔𝗖𝗛 𝗤𝗨𝗜 𝗗𝗘𝗠𝗔𝗡𝗗𝗘 𝗔̀ 𝗦𝗘𝗦 𝗝𝗢𝗨𝗘𝗨𝗥𝗦 𝗗𝗘 𝗤𝗨𝗜𝗧𝗧𝗘𝗥 𝗟𝗔 𝗣𝗘𝗟𝗢𝗨𝗦𝗘. 𝗖𝗘 𝗤𝗨’𝗜𝗟 𝗔 𝗙𝗔𝗜𝗧 𝗖𝗘 𝗦𝗢𝗜𝗥 𝗡’𝗛𝗢𝗡𝗢𝗥𝗘 𝗣𝗔𝗦 𝗟’𝗔𝗙𝗥𝗜𝗤𝗨𝗘.… pic.twitter.com/4cpBLfiBXg
— Said Amdaa (@SaidAmdaa) January 18, 2026
« Dire qu’on obtient un penalty à la dernière seconde pour s’offrir la CAN qu’on attend depuis 50 ans et on le loupe… C’est notre destin et on l’accepte. »
Quelques minutes plus tard, Pape Gueye scellait le sort de la finale en prolongation.
Une génération qui apprend, un avenir toujours en ligne de mire
Malgré la déception, Walid Regragui refuse de noircir le tableau. Pour lui, cette finale perdue fait partie du cheminement d’un groupe encore jeune, appelé à grandir ensemble.
« C’est une finale depuis 22 ans. Ils n’en ont pas l’habitude, ils vont apprendre à la gérer. Le football marocain est en train d’évoluer. »
🇸🇳🇲🇦 Un immense geste de classe 👏
Walid Regragui adresse ses félicitations à Ibrahim Mbaye pour son tout premier sacre de Champion d’Afrique 🏆
Un moment chargé d’émotion pour le joueur du PSG, submergé par la joie au point de laisser couler ses larmes 🥹#SENMAR #CAN2025 pic.twitter.com/XWoD7Cw6RP— Dounia Mesli (@Mesli_Dounia) January 18, 2026
Le technicien insiste sur la relève qui arrive, des U20 aux U23, convaincu que le Maroc finira par transformer ces expériences douloureuses en titres.
« On a des jeunes qui arrivent. Je leur souhaite de gagner, et ils vont la gagner. »
Une fin de match tendue et un regret assumé
Au-delà du résultat, Regragui est aussi revenu sur la tension palpable après le coup de sifflet final, marquée par l’absence de poignée de main avec son homologue sénégalais.
« L’image qu’on a donnée du football africain à la fin est regrettable. Refuser de serrer la main, c’est dommage. Aujourd’hui, il a un titre. Bravo à lui. »
Battus, frustrés, mais pas abattus, les Lions de l’Atlas quittent leur CAN à domicile sans trophée. Reste une certitude : cette génération marocaine n’a pas dit son dernier mot.