La Coupe d’Afrique des Nations 2025 à peine refermée que l’avenir d’Eric Chelle agite déjà les coulisses du football nigérian.
Artisan d’un parcours solide des Super Eagles au Maroc, le technicien franco-malien est aujourd’hui au centre de divergences entre les instances dirigeantes du pays, alors même que sa cote grimpe sur le continent.
Deux discours, une même question
D’un côté, la Commission Nationale des Sports pousse pour sécuriser rapidement l’homme fort du banc nigérian. De l’autre, la Fédération nigériane de football temporise et appelle au respect du calendrier contractuel. Ce décalage de discours traduit un malaise institutionnel autour de la gestion du dossier Chelle, pourtant sous contrat jusqu’en janvier 2027.
Après la troisième place décrochée à la CAN, beaucoup imaginaient une continuité naturelle. Mais au sommet, chacun avance ses pions.
CAN 2025 : Éric Chelle, le technicien qui affole désormais le marché africain
Le gouvernement veut aller vite
La NSC ne cache pas son intention de verrouiller l’avenir du sélectionneur. Son directeur général, Bukola Olopade, a confirmé avoir entamé des échanges directs avec Chelle, allant jusqu’à évoquer une rencontre privée à Abuja. Pour lui, le Nigeria ne peut se permettre de traîner, surtout dans un contexte où plusieurs sélections africaines gardent un œil attentif sur le technicien.
La position de la NSC est claire : Chelle dispose des joueurs adaptés à sa philosophie et a su tirer le meilleur d’un effectif riche, porté par des cadres offensifs de classe mondiale. Dans cette logique, prolonger rapidement serait une manière de sécuriser le projet sportif.
Le grand gagnant de cette CAN.
Eric Chelle, tu es ÉMOUVANT !pic.twitter.com/APfVwpcGlO https://t.co/q9WyyA1l7G
— HICHAM BENNIS 🇲🇦 (@Hichambnns_) January 17, 2026
Une équipe transformée sur le terrain
Sous la houlette de Chelle, les Super Eagles ont affiché un visage séduisant à la CAN. Le système mis en place a redonné de la fluidité au jeu nigérian et permis à des joueurs comme Osimhen ou Lookman de s’exprimer pleinement. Résultat : une équipe plus équilibrée, plus tranchante, et redevenue crédible sur la scène africaine.
Cette progression explique pourquoi son nom circule désormais bien au-delà du Nigeria.
La NFF joue la montre
Face à l’empressement gouvernemental, la Fédération adopte une posture plus prudente. Pour son président Ibrahim Gusau, il n’y a aucune urgence. Le contrat court, le sélectionneur est à mi-parcours, et toute discussion est renvoyée à la dernière année de bail.
Un choix assumé, mais qui intervient alors que Chelle est annoncé dans les petits papiers de plusieurs fédérations africaines, dont l’Angola ou le Gabon, sans oublier l’ombre d’un possible retour au Mali.
Un avenir encore ouvert
Éliminé de la course au Mondial 2026, le Nigeria dispose de plusieurs mois sans compétition officielle avant les qualifications pour la CAN 2027. Une période charnière, propice aux réflexions… et aux convoitises.
Entre volonté politique, prudence fédérale et intérêts extérieurs, l’avenir d’Eric Chelle reste suspendu à des décisions qui dépassent le rectangle vert. Une chose est sûre : le dossier est loin d’être refermé.