Le football guinéen continue de jouer à l’extérieur, au sens propre comme au figuré. Faute de stade homologué par les instances internationales, le Syli National reste privé de ses bases et de son public.
Une situation qui dure, qui use, et qui devient pesante dans un pays où le ballon rond occupe une place à part. Au cœur de toutes les discussions, un nom revient sans cesse : le stade Général Lansana Conté de Nongo, censé incarner le retour à la normale.
Un Syli condamné à l’exil
Depuis plusieurs mois, la sélection de Guinée est contrainte de délocaliser ses matches officiels. Une réalité frustrante pour les joueurs, privés de l’appui du public, et pour les supporters, réduits à suivre leur équipe loin de Conakry. Sur le terrain, cela se ressent. Sans repères, sans ambiance, le Syli avance souvent avec un handicap invisible mais bien réel.
Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle commence à laisser des traces. Enchaîner les rencontres à l’extérieur, c’est perdre ce petit supplément d’âme qui fait souvent basculer un match international.
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Un manque à gagner bien au-delà du terrain
L’absence de matches à domicile ne pénalise pas seulement le sportif. Elle touche tout un écosystème. Les jours de rencontre, ce sont des hôtels qui restent vides, des restaurants qui tournent au ralenti, des vendeurs ambulants privés de clients. Le football, en Guinée, fait vivre bien plus que onze joueurs sur une pelouse.
Les autorités assurent pourtant que le dossier avance. Selon le ministère des Sports, une grande partie des exigences de la CAF et de la FIFA seraient déjà respectées. Le vrai point noir reste la pelouse, souvent décisive lors des inspections. Tant que ce détail ne passe pas, tout le reste reste bloqué.
Nongo, entre espoir et patience forcée
Le stade Général Lansana Conté de Nongo est présenté comme la solution à tous les maux. Pensé comme une infrastructure moderne, il doit répondre aux standards internationaux, mais aussi devenir un lieu de vie capable de générer des revenus hors jours de match. Espaces VIP, sécurité renforcée, accès améliorés : le projet est ambitieux.
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— Africaguinee.com (@Africaguinee) February 19, 2026
Sur le papier, tout est prêt. Sur le terrain, le chantier avance par à-coups. Certaines zones du stade nécessitent encore des travaux lourds, héritage d’anciennes finitions jamais totalement achevées. Les financements seraient sécurisés, avec l’État en garant, et l’objectif affiché reste une livraison complète à l’horizon 2026.
Le temps presse pour le football guinéen
En attendant, le Syli doit continuer à voyager, et les supporters à patienter. La feuille de route existe, mais le football guinéen est désormais jugé sur les actes. Tant que Nongo ne sera pas homologué, la Guinée restera spectatrice chez elle.
Le retour du public, ce fameux douzième homme, dépend désormais d’une chose simple : que les promesses quittent enfin les communiqués pour se transformer en pelouse verte et en tribunes pleines.