Un mois après la finale agitée entre le Maroc et le Sénégal, la justice marocaine a rendu son verdict. Dix-huit supporters sénégalais ont été condamnés jeudi à des peines de prison allant de trois mois à un an, à la suite des incidents survenus le 18 janvier au stade Moulay Abdellah de Rabat.
Cette finale, remportée 1-0 par les Lions de la Teranga, avait laissé des traces bien au-delà du terrain. Les personnes jugées étaient poursuivies pour hooliganisme, avec des accusations portant sur des jets de projectiles, des dégradations, des affrontements avec les forces de l’ordre et des tentatives d’invasion de la pelouse. Le parquet avait requis jusqu’à deux ans de prison ferme.
Des peines réparties selon les cas
Le tribunal a prononcé des sanctions différentes selon les dossiers. Neuf supporters ont écopé d’un an de prison et d’une amende de 5 000 dirhams. Six autres ont été condamnés à six mois de détention, avec 2 000 dirhams d’amende. Les trois derniers ont reçu trois mois de prison assortis d’une amende de 1 000 dirhams.
Du côté de la défense, la décision passe mal. Leur avocat, Me Patrick Kabou, a fait part de son incompréhension, estimant que ses clients avaient été durement sanctionnés dans un contexte marqué par l’ampleur médiatique des incidents.
🔴 URGENT – CAN 2025 : de 3 mois à 1 an de prison pour 18 supporters sénégalais après les incidents en finale https://t.co/rBDfa2n3EY pic.twitter.com/KHx13eYWRv
— FRANCE 24 – Urgent (@UrgentF24) February 19, 2026
Un autre prévenu condamné
Un ressortissant français d’origine algérienne, poursuivi pour avoir lancé une bouteille d’eau en direction du terrain, a lui aussi été condamné à trois mois de prison et à une amende de 1 000 dirhams.
Le jugement est intervenu après une délibération prolongée, au premier jour du ramadan au Maroc. À la sortie du tribunal, certains proches et supporters ont exprimé leur mécontentement. Un appel doit être déposé.
La décision de justice vient de tomber : au #Maroc, les 18 supporters du #Sénégal qui étaient détenus depuis la finale de la Coupe d'Afrique des nations, finale émaillée d'incidents, ont été condamnés. Notre correspondante Maud Ninauve nous précise les termes de ce verdict. #CAN pic.twitter.com/6TZ7wrlR2R
— Le journal Afrique TV5MONDE (@JTAtv5monde) February 19, 2026
Une fin de match qui a fait basculer la soirée
Les débordements avaient éclaté dans les dernières minutes de la rencontre, dans un climat déjà très tendu. Après un but refusé au Sénégal puis un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, la tension était montée dans une partie des tribunes.
Plusieurs supporters avaient alors tenté de se rapprocher de la pelouse et lancé des objets, perturbant la fin du match. Pour le ministère public, ces actes avaient pour objectif de troubler le déroulement de la finale, sous les caméras du monde entier.
Les dégâts matériels ont été évalués à plus de 370 000 euros, et plusieurs membres des forces de l’ordre ainsi que des stadiers ont été blessés.
Une défense qui conteste les preuves
Lors de l’audience, les supporters ont nié toute implication directe dans les violences, tout en regrettant les incidents. Leur avocate, Naïma El Guellaf, a contesté la valeur des images de vidéosurveillance, estimant qu’elles ne permettaient pas d’identifier clairement les responsabilités individuelles.
Elle a également souligné l’absence de flagrant délit et plaidé pour la relaxe ou des mesures alternatives.
Le Tribunal de grande instance de Rabat a condamné, ce jeudi, les 18 supporters sénégalais arrêtés après la finale de la CAN 2025 à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme. Un verdict rendu dans une audience tendue et que la défense conteste déjà, les avocats… pic.twitter.com/MRL5Ozj6df
— RTS SENEGAL (@RTS1_Senegal) February 19, 2026
Des suites également sur le plan sportif
Sur le plan disciplinaire, la CAF avait déjà sanctionné les deux fédérations à la fin du mois de janvier, avec de lourdes amendes pour manquements aux règles de fair-play et comportements antisportifs.
Organisée au Maroc du 21 décembre au 18 janvier, cette CAN devait être une vitrine du football africain. Mais la finale laissera aussi le souvenir d’une soirée tendue, preuve que la passion des tribunes, quand elle déborde, peut avoir des conséquences bien réelles, loin du rectangle vert.