Au Cameroun, la gestion du football continue de faire parler. Depuis son arrivée à la tête de la Fédération camerounaise de football, Samuel Eto’o martèle une idée : moderniser la maison et sortir progressivement de la dépendance financière vis-à-vis de l’État.
Cette semaine, l’ancien capitaine des Lions Indomptables a lâché une annonce qui pourrait marquer un vrai tournant dans l’organisation du football camerounais.
Dans un entretien accordé à Digital B Agency, le patron de la Fecafoot a expliqué que la fédération prend désormais en charge les salaires des sélectionneurs nationaux. Un changement majeur dans un système qui, pendant des années, reposait largement sur les finances publiques.
Eto’o veut casser l’ancien modèle
Samuel Eto’o ne cache pas son ambition : transformer la manière dont le football est administré au Cameroun. Fort de son expérience acquise pendant plus de deux décennies au très haut niveau, l’ancien goleador estime que certaines pratiques devaient évoluer.
Selon lui, il n’était plus viable que la fédération dépende constamment de l’État pour assurer les dépenses liées aux équipes nationales. Le président de la Fecafoot explique avoir voulu rompre avec ce modèle pour donner davantage de responsabilités et d’autonomie à l’instance fédérale.
🔴 Samuel Eto'o annonce que les salaires des sélectionneurs sont désormais pris en charge par la fédération :
« Après 26 ans de carrière, j'ai vu comment les autres faisaient. Je me suis dit ce n'est pas possible. Nous ne pouvons pas continuer comme ça. Avec ce modèle… pic.twitter.com/VJwSBkCzvr
— AllezLesLions (@AllezLesLions) March 5, 2026
Dans cette logique, la fédération a commencé à prendre en charge les salaires des différents sélectionneurs. Une manière, selon Eto’o, de reprendre le contrôle sur la gestion technique des équipes nationales.
Le dossier Marc Brys au cœur des tensions
Ce changement intervient dans un contexte particulier. Jusqu’à la nomination du technicien belge Marc Brys, c’était le ministère des Sports qui réglait directement les salaires des sélectionneurs.
Cameroun : Samuel Eto’o met les points sur les « i » sur le budget des Lions Indomptables
Cette situation avait régulièrement créé des frictions entre la fédération et les autorités, notamment lorsque Brys avait été nommé sans l’aval de la Fecafoot. Le dossier avait alimenté plusieurs tensions institutionnelles et brouillé la lisibilité du pilotage sportif.
Aujourd’hui, en prenant en charge les rémunérations, la Fecafoot cherche clairement à éviter ce type d’ingérence et à reprendre la main sur la politique sportive.
Une stratégie vers l’autonomie financière
Pour soutenir cette nouvelle orientation, la fédération compte s’appuyer sur ses partenaires commerciaux. La Fecafoot a renforcé ces dernières années ses accords avec plusieurs sponsors, dont l’opérateur MTN ou encore le constructeur Sky Motors.
🔴 Samuel Eto’o : « On n’a pas fait un miracle en dix jours pour avoir l’équipe que nous avons eue pendant la Coupe d’Afrique. Nous n’avons pas gagné le grand trophée mais nous avons gagné le trophée que tous les Camerounais voulait. Même ceux qui veulent se convaincre et disent… pic.twitter.com/B1PYOQKunB
— AllezLesLions (@AllezLesLions) March 3, 2026
Ces partenariats permettent à l’instance de générer de nouvelles ressources et de financer une partie de ses projets sans passer systématiquement par les caisses de l’État.
L’objectif affiché est clair : construire une fédération capable de se gérer financièrement et de piloter ses équipes nationales avec plus d’indépendance.
Une transition encore floue sur certains dossiers
Malgré cette volonté affichée, la situation reste complexe sur certains cas précis. La Fecafoot a par exemple dû payer le salaire de David Pagou après l’avoir installé unilatéralement à la tête de la sélection.
Dans le même temps, Marc Brys serait toujours juridiquement sous contrat avec le ministère des Sports, qui continuerait d’assurer ses paiements. Une situation administrative particulière qui illustre les zones grises de cette transition.
Même la prime liée à la qualification pour la CAN 2025 aurait été versée au technicien belge, preuve que la séparation entre l’ancien système et le nouveau modèle voulu par Eto’o n’est pas encore totalement réglée.