Longtemps annoncé comme un prodige du football français, Mourad Meghni a porté très tôt une étiquette lourde à assumer : celle de « nouveau Zidane ».
Formé à Clairefontaine, le meneur de jeu né à Paris en 1984 impressionnait déjà par sa vision du jeu et son élégance technique. Mais derrière ces comparaisons flatteuses se cachait une trajectoire singulière, marquée par un choix de cœur : celui de l’Algérie.
L’ombre écrasante de Zidane
À l’INF Clairefontaine, les projecteurs se braquent rapidement sur ce jeune milieu offensif, capable d’enchaîner les dribbles courts et les passes lumineuses. Sa gestuelle rappelle inévitablement celle de Zidane, alors au sommet de sa carrière. Les médias s’emparent du parallèle, au point de lui coller l’étiquette de « Zizou bis ».
Invité du podcast Ballon, Main, Corps, Meghni est revenu sur cette période où les comparaisons étaient incessantes :
« Je ne calculais pas ça. Je jouais le même poste que lui, donc je m’inspirais. Des journaux ont commencé à mettre cette étiquette, mais Zidane c’est Zidane. Tout le monde me parlait de Zizou, mais moi j’aimais Rui Costa. Après, quand tu es à Clairefontaine, tu vois plus Zidane. Mais je n’ai jamais voulu ressembler à qui que ce soit. »
L’appel de l’Algérie
Si son talent aurait pu l’ancrer définitivement chez les Bleus, son cœur penchait depuis toujours vers l’Algérie, le pays de son père. Chaque été passé au bled, chaque match des Fennecs suivi avec passion nourrissaient un sentiment d’appartenance profond.
« J’ai toujours suivi l’Algérie. Quand il y avait les sélections, j’ai toujours eu ce truc. Chaque été, j’allais en Algérie. J’ai plus grandi avec cette culture algérienne. Jouer avec la sélection, c’est quelque chose. Je ne pouvais pas jouer avant la loi des binationaux. Dès qu’elle est passée, je l’ai utilisé. C’était un rêve de rendre fier ma famille, mon père. »
Dès ses années en équipe de France U19, il ressent une forme de décalage :
« Je ne me sentais pas à l’aise avec l’équipe de France. Quand j’ai eu l’opportunité, je me suis senti mieux, je me suis senti chez moi. Ça me correspondait plus. »
Mourad meghni ce matin en vétéran le pied est toujours là 👑 pic.twitter.com/8WLc83l8oS
— le critiqueur (@sofianethereall) September 14, 2025
Un parcours contrasté
Mourad Meghni n’aura pas eu la carrière que certains lui promettaient lorsqu’on le présentait comme le futur Zidane. Mais il a tracé sa propre voie, loin des comparaisons, en choisissant de défendre les couleurs qui lui ressemblaient le plus. Pour lui, l’Algérie n’était pas seulement une sélection nationale, mais un retour aux sources, une manière d’honorer ses racines et de rendre fier son père.