La réunion du comité exécutif de la Confédération africaine de football, tenue vendredi à Dar es Salaam, a pris des allures de séance à huis clos sous haute tension.
Au lieu d’un simple point d’étape institutionnel, les débats ont rapidement glissé vers un sujet brûlant : l’arbitrage controversé de la CAN 2025. Plusieurs dirigeants de fédérations ont profité de la tribune pour exprimer leur ras-le-bol face à des décisions jugées contestables tout au long du tournoi.
Au centre des critiques, Olivier Safari Kabene, président de la commission des arbitres, visé par une avalanche de reproches dans un climat électrique révélateur du malaise profond qui traverse l’instance.
L’Algérie réclame un grand ménage
Walid Sadi n’a pas mâché ses mots. Le patron de la Fédération algérienne a dénoncé des erreurs répétées, mais aussi des sanctions disciplinaires qu’il estime déséquilibrées et injustifiées. Plus grave encore selon lui, le processus de désignation des officiels manquerait de transparence et de rigueur.
La révélation d’échanges validant certaines nominations via WhatsApp a particulièrement fait grincer des dents. Pour le dirigeant algérien, la situation exige une refonte totale : dissolution de la commission actuelle et mise en place d’un nouvel organe pour restaurer la crédibilité de l’arbitrage continental.
Eto’o monte au front
Samuel Eto’o s’est inscrit dans la même ligne. Le président de la Fecafoot, toujours marqué par sa suspension de quatre matchs après son emportement en marge du quart de finale Cameroun-Maroc, a évoqué un sentiment d’injustice et une gestion disciplinaire qu’il juge disproportionnée.
Sans détour, l’ancien capitaine des Lions Indomptables a pointé du doigt un système qu’il estime déconnecté des réalités du terrain et des enjeux du football africain.
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Une fronde collective contre la commission
La contestation ne s’est pas limitée à ces deux voix. Augustin Senghor pour le Sénégal, Idriss Diallo pour la Côte d’Ivoire et Hani Abou Reda pour l’Égypte ont également haussé le ton. Tous ont réclamé le départ ou la démission d’Olivier Safari Kabene.
Parmi les griefs évoqués : la désignation du même arbitre pour le match d’ouverture et la finale, un choix jugé incompréhensible à ce niveau de compétition. Le président de la commission a aussi été critiqué pour ses prises de parole dans les médias, notamment lors d’une interview accordée à Canal+, perçues comme contraires au devoir de réserve.
Un climat sous haute tension
Pris à partie à plusieurs reprises, Olivier Safari Kabene a été interrompu durant son intervention, au point d’être contraint d’écourter ses explications. Une scène rare à ce niveau de gouvernance, qui illustre l’ampleur des tensions au sein du sérail africain.
Au-delà des personnes, c’est bien la question de la crédibilité de l’arbitrage qui se retrouve aujourd’hui au cœur des préoccupations. À quelques échéances majeures pour le football africain, la CAF est désormais attendue sur des décisions fortes pour apaiser les esprits et restaurer la confiance.