La Fédération burkinabè de football (FBF) a ouvert le 6 février 2026 un appel à candidatures pour pourvoir le poste de sélectionneur des Étalons seniors.
Cette fonction est vacante depuis le limogeage de Brama Traoré, après une CAN 2025 décevante. Le calendrier est serré : les dossiers doivent être déposés avant le 15 février à 16h, leur examen se déroulera du 16 au 18 février, et les entretiens sont programmés du 19 au 21 février, selon nos confrères de Sportnewsafrica.
Un profil exigeant et normé
La FBF a dressé un profil clair, conforme aux standards de la CAF. Pour un entraîneur local, il faut posséder au minimum une Licence A CAF et justifier de cinq années cumulées en Ligue 1 burkinabè, complétées par des expériences en sélections nationales, tous niveaux confondus (U17, U20, U23, A’, A).
Pour un candidat étranger, une Licence Pro UEFA (ou équivalent continental) est requise, ainsi qu’au moins cinq saisons en clubs professionnels ou à la tête de sélections A.
Au-delà de la paperasse, la fédération insiste sur la capacité à parler français, à travailler avec les joueurs locaux et expatriés, et à instaurer un projet technique durable pour redonner de la compétitivité à l’équipe nationale. L’objectif est clair : relancer les Étalons sur la scène continentale et internationale tout en assurant un encadrement cohérent et pérenne.
Les locaux face à un défi ardu
Dans les cercles footballistiques burkinabè, le débat est lancé. Beaucoup estiment que le filtre est plus sévère pour les techniciens nationaux. Souleymane Sinare, figure reconnue du football local, résume le paradoxe : « Les critères éliminent la majorité des entraîneurs burkinabè. On peut les compter sur les doigts d’une main, tandis que les expatriés ont beaucoup plus de possibilités. »
Effectivement, rares sont les entraîneurs locaux à cumuler une carrière solide en Ligue 1 malgré l’instabilité chronique des clubs, tout en ayant une expérience conséquente avec les sélections nationales. Les anciens adjoints ou formateurs cités par les observateurs atteignent parfois ce cumul de cinq années avec difficulté.
Le marché des entraîneurs étrangers, plus ouvert
Pour les techniciens étrangers, le vivier est bien plus large. De nombreux entraîneurs africains ou européens ont dirigé des clubs professionnels ou des sélections nationales, même brièvement, et répondent souvent aux critères. Le mot clé « ou » dans les conditions ouvre la porte à une diversité de parcours.
Koné Rach se montre optimiste : « Oui, ce profil est accessible au Burkina et à l’extérieur. » Lorenzo Yaméogo nuance toutefois : « L’exigence du français peut exclure certains candidats non francophones. »
À peine quelques jours après l’annonce, la presse sportive burkinabè évoque déjà plus d’une centaine de dossiers déposés. Si ce chiffre montre l’attractivité du poste pour les étrangers, le vivier local reste limité. Parmi les entraîneurs burkinabè ayant gravi les échelons de la Ligue 1 et des sélections jeunes ou seniors, très peu remplissent toutes les conditions sans interruption.
Oscar Barro, un candidat prometteur
Parmi les Burkinabè, Oscar Barro se positionne clairement. Actuel sélectionneur des U17, il a déjà assuré l’intérim des Étalons seniors en 2022 lors des amicaux face à la Belgique et au Kosovo. Dans une interview à L’Observateur Paalga, il confirme : « Bien sûr, j’ai postulé. Quand on est ambitieux, il faut prétendre aux postes. Je remplis les critères, j’ai donc déposé mon dossier et j’attends la suite. »
Ces dernières années, Barro s’est affirmé comme l’un des entraîneurs les plus prometteurs du pays chez les jeunes catégories, ce qui fait de lui un candidat sérieux et crédible pour succéder à Traoré.
« J’ai postulé » : Oscar Barro confirme sa candidature pour succéder à Brama Traoré (Burkina Faso 🇧🇫)https://t.co/sqe2fchcY6 @PanAfricaFooty
— Ablam GNAMESSO (@AblamGnamesso) February 12, 2026
Une stratégie claire de la FBF
Le choix de la FBF semble stratégique : garantir une expérience de haut niveau et un encadrement international tout en laissant une fenêtre aux techniciens locaux. Reste à voir si, parmi les dossiers reçus, des entraîneurs burkinabè pourront franchir le filtre exigeant et accéder aux entretiens.
Le futur sélectionneur des Étalons aura la lourde tâche de redonner du souffle à l’équipe nationale et d’insuffler une dynamique nouvelle sur le continent et au-delà.