Plus d’une semaine après la finale houleuse de la Coupe d’Afrique des nations 2025, remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0 après prolongation), un nouvel épisode est venu rallumer la mèche. Cette fois, ce n’est ni un joueur ni un officiel de terrain qui s’est exprimé, mais un haut responsable de la Confédération africaine de football. Et ses propos n’ont pas manqué de surprendre, voire d’indigner.
L’affaire des serviettes, devenue l’un des symboles de cette finale sous haute tension, continue donc d’alimenter les débats. Pour rappel, plusieurs tentatives répétées avaient été observées autour du but sénégalais afin de retirer la serviette du gardien Edouard Mendy, utilisée pour s’essuyer et, selon certains, pour inscrire des indications lors des tirs au but. Des ramasseurs de balle, des agents de sécurité, et même des joueurs marocains comme Achraf Hakimi ou Ismaël Saibari s’étaient mêlés à la scène.
Le point culminant avait été atteint lorsque Yehvann Diouf, doublure de Mendy, avait été bousculé, puis jeté au sol dans la surface alors qu’il tentait simplement de récupérer la fameuse serviette.
La sortie étonnante du patron des arbitres de la CAF
Invité à s’exprimer sur Canal+ Afrique, Olivier Safari, président de la commission des arbitres de la CAF, a livré une analyse pour le moins déroutante. Plutôt que de pointer les débordements observés sur la pelouse, le dirigeant a choisi de mettre en cause… les gardiens eux-mêmes.
« C’est un problème que l’organisateur doit prendre en considération dans les compétitions à venir », a-t-il d’abord expliqué. Avant d’ajouter : « La serviette n’est pas un équipement d’un joueur ou d’un gardien. Lorsqu’un gardien s’accompagne d’une serviette, ça doit être de manière très sportive et avec plus de fair-play. Dès lors que celui-ci commence à crier ou influencer le jeu, je pense que cette serviette doit être loin de cet espace de jeu. »
Une déclaration qui a laissé perplexes de nombreux observateurs, tant elle semble inverser les responsabilités, alors que les images montraient clairement une situation de désordre et une absence de protection autour du but sénégalais.
#TDA 🌍 : Nos consultants excédés par les propos du Président de la commission des arbitres de la CAF au sujet des serviettes 😠
Rejoignez vous leur avis ? pic.twitter.com/CXFJnDL8c2— CANAL+ SPORT Afrique (@cplussportafr) January 26, 2026
Yehvann Diouf, encore sous le choc
Quelques jours plus tard, Yehvann Diouf est revenu sur cet épisode surréaliste, après la victoire de l’OGC Nice en Ligue Europa (3-1). Le gardien niçois n’a pas caché son incompréhension, révélant même les mots prononcés par l’un des ramasseurs de balle au moment des faits.
« Figure-toi qu’un ramasseur de balle m’a dit : “sois fair-play” », raconte-t-il. « Je lui ai répondu : “fair-play de quoi ? C’est vous qui prenez les serviettes et c’est moi qui ne suis pas fair-play alors que je viens juste remettre des serviettes ?” Je suis surpris, je ne comprends pas. »
Pour Diouf, son intention était pourtant limpide : permettre à son coéquipier d’évoluer dans les meilleures conditions possibles lors d’un moment décisif.
« J’ai essayé de faire en sorte qu’Edouard ait sa serviette quand il a envie de s’essuyer et qu’il soit dans les meilleures conditions pour être le plus efficace possible, pour que derrière on gagne le trophée. »
🚨😳 𝗟𝗘𝗦 𝗥𝗘́𝗩𝗘́𝗟𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦 𝗟𝗨𝗡𝗔𝗜𝗥𝗘𝗦 𝗗𝗘 𝗬𝗘𝗛𝗩𝗔𝗡𝗡 𝗗𝗜𝗢𝗨𝗙 🇸🇳 𝗦𝗨𝗥 𝗟’𝗛𝗜𝗦𝗧𝗢𝗜𝗥𝗘 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗦𝗘𝗥𝗩𝗜𝗘𝗧𝗧𝗘 𝗘𝗡 𝗙𝗜𝗡𝗔𝗟𝗘 !
« Le ramasseur de balle ? 𝗜𝗟 𝗠’𝗔 𝗗𝗘𝗠𝗔𝗡𝗗𝗘́ 𝗗’𝗘̂𝗧𝗥𝗘 𝗙𝗔𝗜𝗥-𝗣𝗟𝗔𝗬.
Je lui ai répondu:… pic.twitter.com/BDYPcMFExr
— BeFootball (@_BeFootball) January 23, 2026
Une scène irréelle, sans protection ni réaction
Le récit se poursuit, encore plus troublant, lorsque Yehvann Diouf décrit la suite de la scène, au cœur même de la surface de réparation, alors que le jeu continuait.
« J’hallucine, en fait. Limite, je vais sur le terrain de mon plein gré en me disant que l’arbitre va arrêter le match, ou qu’il va se rendre compte de la situation », confie-t-il. « Sauf que non. Je me retrouve par terre dans la surface, avec le ballon qui est à 20-25 mètres. »
Le gardien comprend alors qu’il devient presque un obstacle pour son propre camp.
« Je vois que je suis plus une gêne pour Edouard qu’autre chose, et puis je sens qu’ils commencent à me soulever aussi. Du coup, je décide de me relever, d’aller ailleurs. » Sa conclusion résume le malaise général : « D’une part, je ne suis pas protégé, et d’autre part, un match était en train de se dérouler. C’était totalement surréaliste. »
Édouard Mendy visé par des vols répétés de sa serviette tout au long du match. Joueurs, ramasseurs de balle, sécurité… Le gardien sénégalais a été constamment harcelé ! 🇸🇳❌🇲🇦
Une attitude indigne d'une finale, qui a obligé Yehvann Diouf à devenir le "garde du corps" de la… pic.twitter.com/qq7QtZNYRS
— Foot Mercato (@footmercato) January 19, 2026
Une polémique qui interroge la gestion des grands rendez-vous
Au-delà de l’anecdote, cette affaire pose une vraie question sur l’organisation, la sécurité et l’arbitrage lors des grands événements africains. En renvoyant la responsabilité sur les gardiens au nom du fair-play, la CAF prend le risque d’alimenter encore davantage une controverse déjà brûlante.
Une chose est sûre : la finale Sénégal–Maroc restera dans les mémoires, autant pour son scénario sportif que pour cette séquence improbable, devenue l’un des épisodes les plus commentés de la CAN 2025.