Alors que son verdict était attendu dimanche, la Confédération Africaine de Football a finalement reporté sa réunion à mardi pour examiner les incidents survenus lors de Maroc–Sénégal à Rabat.
Une décision prise à la demande de la Fédération sénégalaise, qui a souhaité disposer de quelques jours supplémentaires pour préparer sa défense.
Dans les couloirs de l’instance africaine, ce report n’a rien d’anodin. Le dossier est sensible, scruté de toutes parts, et chacun avance avec prudence. La CAF a d’ailleurs appliqué ses propres règles en écartant temporairement Ousmane Kane, président sénégalais de la commission de discipline, afin d’éviter toute polémique liée à un possible conflit d’intérêts. Une mesure automatique, mais nécessaire, tant l’affaire est exposée.
Un climat déjà très chargé
Avant même que la commission ne se réunisse, la tension est montée d’un cran. Le président de la Fédération sénégalaise, Abdoulaye Fall, a publiquement mis en cause le Maroc et la CAF, dénonçant ce qu’il considère comme une influence excessive du pays hôte sur l’instance continentale. Des propos forts, tenus devant des supporters, qui ont rapidement enflammé le débat médiatique.
Fall est également revenu sur l’organisation autour de la finale, pointant du doigt l’accueil à Rabat, la sécurité, l’hébergement et la logistique. Un discours qui tranche avec les éléments factuels observés tout au long de la compétition.
Des faits qui racontent une autre histoire
Sur le terrain des faits, le Sénégal a bénéficié des mêmes conditions que les autres sélections. Installée à Tanger durant le tournoi, la délégation sénégalaise avait choisi son hôtel et son camp de base, disputant tous ses matchs dans des conditions conformes aux standards de la CAF. Le déplacement vers Rabat en train à grande vitesse relevait d’un choix assumé par la FSF, qui avait elle-même communiqué l’horaire d’arrivée, attirant mécaniquement des supporters.
Côté sécurité, aucun incident n’a été signalé. Le dispositif déployé par les autorités marocaines était conséquent, et aucun membre de la délégation sénégalaise n’a été inquiété. Même constat pour l’hébergement et les terrains d’entraînement : les options proposées étaient multiples, et les choix finaux sont revenus à la fédération sénégalaise.
https://twitter.com/ActuFoot_/status/2015550469784146224
Ce que la CAF doit vraiment juger
Au final, tout ramène à la soirée de la finale. Un match attendu comme l’apothéose du football africain, qui a basculé dans la confusion après une décision arbitrale contestée. Retrait des joueurs sénégalais vers les vestiaires, longue interruption, tribunes sous pression, tentatives d’envahissement de la pelouse : les images ont fait le tour du continent.
Présent au stade, Gianni Infantino n’a pas tardé à réagir, condamnant les débordements et rappelant que le respect des décisions arbitrales est un pilier du jeu. La CAF, de son côté, a enclenché la procédure disciplinaire, promettant une analyse complète des rapports et des images.
Un verdict très attendu
Mardi, la commission devra trancher. Les débats porteront notamment sur la qualification des faits et sur l’application des textes disciplinaires, notamment en cas de refus de jouer ou d’abandon de terrain. Les sanctions possibles sont lourdes, et la décision sera observée bien au-delà du cadre sportif.
https://twitter.com/Le360fr/status/2015526470274134299
Dans un dossier aussi exposé, la CAF joue gros. Plus que la sanction elle-même, c’est la crédibilité de l’instance qui est en jeu. Une décision claire, argumentée et cohérente sera indispensable pour refermer ce chapitre sans laisser une finale de la CAN marquée à jamais par la polémique.