La CAN 2025 restera marquée par un fait rare, presque oublié par le temps. L’Égypte, le Nigeria, le Maroc et le Sénégal disputeront les demi-finales sous la conduite de sélectionneurs africains. Une configuration exceptionnelle, qui ne s’était produite qu’une seule fois depuis 1965. Au-delà des résultats sportifs, c’est tout un symbole qui s’impose : celui d’un continent capable de se diriger lui-même au plus haut niveau.
Hossam Hassan, l’Égypte entre héritage et ambition
En Égypte, le choix d’Hossam Hassan n’a rien d’anodin. Ancien international au caractère bien trempé, devenu sélectionneur en 2024, il incarne une certaine idée du football égyptien : offensif, exigeant, tourné vers la victoire. Entouré de cadres comme Mohamed Salah, il a su remettre les Pharaons sur le devant de la scène. Sa présence en demi-finales rappelle que les techniciens locaux savent gérer la pression, les egos et les attentes immenses d’un peuple habitué aux titres.
Entraîneurs les mieux payés en Afrique : numéro 9, Hossam Hassan
Éric Chelle, un Africain à la tête du Nigeria
Le Nigeria fait figure de cas particulier, mais pas de contradiction. Éric Chelle est malien, ancien international des Aigles, et représente cette génération de techniciens africains qui s’exportent et s’imposent. À la tête des Super Eagles, il a apporté de la rigueur, un cadre clair et une identité forte. Sa réussite avec le Nigeria souligne une réalité trop souvent négligée : l’Afrique regorge de compétences capables de diriger n’importe quelle sélection du continent.
Éric Sékou Chelle : FAUT APPLAUDIR. 👏🏾 pic.twitter.com/5OXZwvSkPD
— 🏆 Actu Foot Afrique (@ActuFootAfrique) January 10, 2026
Walid Regragui, la continuité d’un Maroc ambitieux
Au Maroc, Walid Regragui n’est plus à présenter. Ancien international, il a déjà changé la dimension du football marocain avec l’épopée historique du Mondial 2022. À la CAN, il poursuit son travail avec méthode et conviction. Son objectif est limpide : offrir aux Lions de l’Atlas un premier sacre continental. Sa présence dans le dernier carré renforce l’idée que la stabilité et la confiance accordées aux entraîneurs locaux peuvent porter leurs fruits sur la durée.
Entraîneurs les mieux payés en Afrique : numéro 4, Walid Regragui
Pape Thiaw, dans l’ombre des bâtisseurs sénégalais
Au Sénégal, Pape Thiaw s’inscrit dans une continuité assumée. Successeur d’Aliou Cissé, il connaît parfaitement la maison. Ancien international lui aussi, il a hérité d’un groupe mature, mais toujours ambitieux. Son mérite est d’avoir conservé l’équilibre, la discipline et l’ADN compétitif des Lions de la Téranga. Sous sa direction, le Sénégal reste fidèle à son statut de référence continentale.
On tient encore un nouveau meme de Pape Thiaw
Il carry tellement la CAN 😂 pic.twitter.com/r4deHsNf71
— Kenpachi 🇲🇦 (@Kenpachi1070) January 10, 2026
Un clin d’œil appuyé à l’histoire de 1965
Ce dernier carré rappelle une page lointaine mais fondatrice. En 1965, en Tunisie, Ghana, Tunisie, Sénégal et Côte d’Ivoire avaient atteint les demi-finales sous la houlette de sélectionneurs africains. Des pionniers comme Charles Gyamfi, Mokhtar Ben Nacef, Habib Bâ, Lybasse Diop ou Alphonse Bissouma Tapé avaient alors prouvé que le continent pouvait compter sur ses propres forces. Soixante ans plus tard, l’histoire semble faire écho.
La CAN 2025 envoie un signal clair. Les entraîneurs africains ne sont plus des solutions par défaut, mais des choix de conviction. Ils connaissent les réalités locales, les mentalités, la pression populaire et les exigences du haut niveau. Voir quatre d’entre eux dans le dernier carré n’est pas un hasard, mais le reflet d’une évolution profonde. Cette CAN pourrait bien marquer un tournant durable dans la manière dont l’Afrique regarde ses propres talents sur les bancs de touche.