Dans le dernier numéro de Onze Mondial, Idrissa Gueye se replonge dans une Coupe d’Afrique des Nations pas comme les autres. Patron du milieu sénégalais, capitaine lors de la finale, le joueur d’Everton livre un témoignage dense, sincère, à l’image d’un tournoi que le Sénégal n’est pas près d’oublier.
Un groupe bâti dans la durée
À 36 ans, Idrissa Gueye n’a rien laissé au hasard. Titulaire lors de chaque minute de la compétition, il incarne la stabilité d’un groupe construit sur le temps long. Pour lui, cette CAN est avant tout l’aboutissement d’un travail collectif entamé depuis plusieurs années.
« Ce groupe vit bien depuis des années. Ça ne date pas d’aujourd’hui. C’est un travail de longue haleine, avec des cadres, des jeunes, un staff qui n’a pas bougé. Même si l’ancien sélectionneur est parti, le staff est resté le même. Pape Thiaw a pris l’équipe, il est devenu coach principal. Ce groupe est dans la continuité de ce qu’il fait de bien depuis des années. » Une continuité assumée, avec des principes clairs et des objectifs partagés par tous.
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Une finale préparée mentalement
Avant même le coup d’envoi contre le Maroc, les Lions savaient à quoi s’attendre. Gueye insiste sur la lucidité du groupe face au contexte particulier entourant cette affiche très attendue.
« Tout ce qui s’est passé avant la finale était tout à fait normal. On le savait. (…) On savait que ce match allait être tendu. Mais on était préparés à toutes les situations. On était imperturbables. On était vraiment focus à 200 %. »
Au point d’être prêts à tout accepter pour rester concentrés : « On s’est même dit : “Si on nous met dans une poubelle, on dort dans une poubelle et on se tait”. »
On vient peut être d’assister à la dernière CAN d’Idrissa Gana Guéye (37 ans ) 🥲
Énormément de RESPECT pour l’immense carrière du DOUBLE CHAMPION D’AFRIQUE 💪🏿🦁🇸🇳🔥 pic.twitter.com/ty5obz4Atf
— Jotaayu Foot⭐️⭐️ (@StadesC) January 21, 2026
Une finale folle, hachée et électrique
Sur le terrain, la rencontre tient toutes ses promesses… avant de basculer dans un climat pesant. Idrissa Gueye décrit un match fermé, tactique, disputé par deux équipes de haut niveau. « Le match était tendu des deux côtés, ça calculait beaucoup. (…) Le Maroc aussi. C’est une très bonne équipe qui joue très bien au football. »
Mais rapidement, les décisions arbitrales viennent troubler le rythme. « L’arbitre sifflait tout contre nous. (…) La seule personne qui devait lui parler, c’était moi, car j’étais capitaine. J’allais souvent lui parler tranquillement, en rigolant, en essayant de détendre l’atmosphère. »
Jusqu’au moment de rupture, entre fautes sifflées, penalty accordé et longues interruptions : « On se demande : “On joue ou on ne joue pas”. (…) Pour nous, c’était la goutte d’eau en trop. »
Le choix de jouer, coûte que coûte
Face au chaos, le groupe sénégalais se resserre. La discussion est rapide, directe, menée par les leaders.
« On se concerte avec Sadio Mané. (…) Il dit : “On revient et on joue”. Le coach répond : “C’est vrai que la situation est compliquée, mais il faut qu’on revienne, qu’on joue”. »
Un moment presque irréel, ponctué d’un relâchement salvateur : « On commence à rigoler entre nous, on dit : “En plus, il n’a pas encore marqué”. »
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🇸🇳 Idrissa Gana Gueye est heureux après le deuxième sacre du Sénégal !#beINCAN2025 #SENMAR pic.twitter.com/hR0QGK2ks2— beIN SPORTS (@beinsports_FR) January 18, 2026
L’épisode de la serviette et le détachement total
Parmi les scènes les plus commentées, l’affaire de la serviette reste, pour Gueye, incompréhensible. « Tous les gardiens ont leur serviette quand même. C’était quoi leur problème avec les serviettes ? Je n’ai pas compris. »
Il raconte aussi l’échange avec Achraf Hakimi, sans animosité : « Je lui dis : “Achraf, pas toi, tout le monde mais pas toi”. Il me répond : “Non, mais je ne savais pas”. »
Dans ce tumulte, une seule chose comptait : rester dans leur bulle. « On était dans notre monde. On voyait nos familles, c’est l’essentiel. »
L’incontournable idrissa Gana Gueye 🇸🇳🏆du haut de ses 36 ans l’immense n’a jamais perdu son talent🔥. pic.twitter.com/bN1K9yFsTl
— Bathie Leye (@leye35819) February 2, 2026
Respect au Maroc, malgré tout
Malgré les tensions et les polémiques, Idrissa Gueye tient à conclure sur une note de respect envers le pays hôte. « Le Maroc aura organisé une CAN magnifique sur le plan de l’organisation, avec de beaux stades, de belles pelouses, des conditions magnifiques. »
Une finale chaotique, une victoire historique et un témoignage brut. À l’image d’Idrissa Gueye : lucide, calme et profondément ancré dans l’esprit collectif qui a porté le Sénégal au sommet de l’Afrique.