Invité du podcast After Afrique, le sélectionneur du Nigeria Eric Chelle est revenu sur un épisode qui avait fait beaucoup parler pendant la CAN 2025 : l’altercation entre Victor Osimhen et Ademola Lookman lors du huitième de finale face au Mozambique (4-0).
Une scène qui avait alimenté les spéculations autour d’un malaise entre les deux leaders offensifs, voire d’un possible retrait d’Osimhen pour la suite du tournoi. Le technicien a tenu à calmer le jeu en replaçant l’incident dans son contexte.
« Sur le terrain, il y a eu une discussion avec Lookman. Victor lui a dit : “Il faut qu’on arrête de jouer devant les buts.” Ça a chauffé un peu, un petit accrochage, mais ça fait partie de la vie d’un vestiaire. À la fin du match, il rentre énervé, il a besoin de temps pour redescendre. Et une fois redescendu, il redevient le Victor qu’on connaît. Il n’a jamais été question qu’il ne joue pas contre l’Algérie, jamais. »
Le sélectionneur insiste également sur la gestion interne du groupe : « Ce qu’il se passe dans le vestiaire reste dans le vestiaire. Je n’ai même pas eu besoin d’intervenir. On est rentrés à l’hôtel, ils ont discuté tous les deux, et c’était terminé. »
"Des assassins devant le but", Chelle décrit la relation Lookman/Osimhen marquée par la rage de vaincre https://t.co/seeK1pYvhZ pic.twitter.com/V941s2aVtO
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Deux compétiteurs obsédés par le but
Pour Chelle, cet échange musclé est presque logique quand on connaît le tempérament des deux hommes. Tous deux vivent pour marquer et repousser leurs limites.
« Devant les buts, ces deux gars-là, c’est du très haut niveau. Victor, c’est une machine. S’il ne fait pas son spécifique attaquant, s’il ne marque pas à l’entraînement, ça le rend fou. Il veut tout gagner. Pour lui, ce n’est pas la kermesse. Lookman, c’est pareil, mais plus calme. Franchement, des attaquants, j’en ai vu, mais frapper dans le ballon comme eux, pied droit, pied gauche… c’est du très, très haut niveau. »
Une exigence permanente qui peut parfois provoquer des étincelles, mais qui traduit surtout l’ambition d’un groupe tourné vers la performance.
Une relation forte entre Chelle et Osimhen
Au-delà du compétiteur, Eric Chelle a également levé le voile sur la dimension humaine de sa relation avec Victor Osimhen. Un moment fort a marqué le sélectionneur avant le match pour la troisième place face à l’Égypte.
« Avant ce match, j’ai eu une discussion avec Victor sur le terrain. Je lui ai dit qu’il fallait absolument aller chercher cette troisième place. Mais je voyais qu’il était blessé, que ça n’allait pas du tout. Alors je lui ai dit : “Je suis fier de ce que tu as fait depuis que je suis à la tête de cette équipe. Si un jour tu as besoin de moi, quoi qu’il arrive dans ta vie, tu m’appelles, je viens.” »
🗣️ "Ça a chauffé un peu", Eric Chelle, sélectionneur du Nigeria, raconte l'altercation entre Lookman et Osimhen.https://t.co/r79idIoM5L
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La réponse de l’attaquant nigérian a profondément touché son entraîneur.
« Quand je suis arrivé, tu étais déjà un grand joueur, moi je ne suis pas arrivé comme un grand entraîneur. Il m’a regardé et il m’a dit : “Coach, peut-être que tu étais un petit entraîneur, mais maintenant tu es un grand entraîneur.” Là, j’ai fondu en larmes. Franchement, c’était dur d’enchaîner l’entraînement derrière. »
Un groupe soudé malgré les tensions
Quelques jours plus tard, le Nigeria a décroché la troisième place de la compétition en battant l’Égypte aux tirs au but (0-0, 4-2 t.a.b.). Une fin de tournoi à l’image du parcours des Super Eagles : intense, parfois électrique, mais porté par un état d’esprit collectif solide.
Entre exigences, caractère et émotions fortes, Eric Chelle dresse le portrait d’un vestiaire vivant, où les tensions existent, mais où l’unité reste la priorité. Comme souvent dans les grandes équipes, les étincelles ne fragilisent pas le groupe… elles le révèlent.